Crédit à la consommation · Réforme
Crédit à la consommation : ce qui change le 20 novembre 2026
Le 20 novembre 2026, la deuxième directive européenne sur le crédit aux consommateurs, dite CCD2, s’applique en France. Ce qui change pour votre crédit dépend d’abord d’une date : celle à laquelle l’offre a été émise.
Mis à jour le · règles de droit relues sur Légifrance
En bref
- Offre émise à partir du 20 novembre 2026 : les nouvelles règles s’appliquent. Offre émise avant : elle est assimilée à un contrat en cours et reste soumise aux anciennes, même acceptée après.
- Le champ s’élargit : crédits de moins de 200 €, crédits gratuits, paiements fractionnés en 3 ou 4 fois, découverts remboursables sous un mois, et crédits jusqu’à 100 000 € au lieu de 75 000 €.
- Le délai de rétractation reste de 14 jours, mais il ne court qu’à compter de la réception des informations contractuelles obligatoires.
- Le prêteur évalue votre solvabilité sur vos revenus et vos charges, et doit vous mettre en garde, sans frais, si le crédit présente des risques particuliers pour vous.
- En cas de difficultés de paiement, il respecte un délai raisonnable et vous propose, s’il y a lieu, des mesures de renégociation avant toute procédure d’exécution.
Quelles règles pour votre crédit ?
L’ordonnance du 3 septembre 2025 entre en vigueur le 20 novembre 2026 et prévoit que les contrats de crédit en cours à cette date restent régis par les textes antérieurs. Le décret d’application a précisé le cas des offres : les nouvelles règles s’appliquent aux offres de contrat émises à compter du 20 novembre 2026, et les offres émises avant cette date sont assimilées à des contrats en cours.
C’est donc la date d’émission de l’offre qui compte, pas celle de votre signature. Elle figure sur l’offre elle-même et, en général, sur la fiche d’information précontractuelle européenne normalisée (FIPEN) qui l’accompagne.
La DAJ de Bercy signale une réserve : certaines dispositions concernent aussi des contrats à durée indéterminée déjà en cours, comme un crédit renouvelable ou une autorisation de découvert. Pour ceux-là, les courriers de votre établissement à partir du 20 novembre disent ce qui change.
Quelles règles pour votre crédit ?
Les règles d’avant la réforme Une offre émise avant le 20 novembre 2026 est assimilée à un contrat en cours : elle reste soumise aux règles antérieures, même si vous l’acceptez après cette date.
Les crédits qui entrent dans le champ
Jusqu’ici, le régime du crédit à la consommation visait les crédits de 200 € à 75 000 €. À partir du 20 novembre 2026, il s’applique à toute opération de crédit d’un montant total inférieur ou égal à 100 000 €, à titre onéreux ou gratuit (art. L.312-1). Entrent ainsi dans le champ :
- les crédits de moins de 200 €, dits mini-crédits ;
- les crédits sans intérêts ni frais, ou à frais négligeables, dits crédits gratuits ;
- les paiements fractionnés ou différés, comme les offres « en 3 ou 4 fois », avec ou sans frais, avec des formalités allégées pour les crédits courts à frais négligeables ;
- les autorisations de découvert remboursables dans un délai d’un mois ;
- les crédits de plus de 75 000 € et jusqu’à 100 000 €.
Ce qui change avant de signer
La publicité est plus encadrée : elle doit être claire, loyale et non trompeuse, ne pas mettre en avant la facilité d’obtenir un crédit, et porter la mention « Attention ! Un crédit coûte de l’argent et doit être remboursé ». La FIPEN est complétée pour faciliter la comparaison des offres.
L’évaluation de votre solvabilité doit reposer sur des informations pertinentes et exactes, notamment vos revenus et vos charges, et ne peut pas se fonder uniquement sur la consultation du fichier des incidents de remboursement (FICP). Le crédit n’est accordé que si cette évaluation indique que vous pourrez vraisemblablement le rembourser.
Lorsque cette évaluation repose sur un traitement automatisé, le prêteur doit vous informer de votre droit à une intervention humaine. Vous pouvez aussi obtenir une explication de l’évaluation, faire valoir votre point de vue et demander un réexamen.
Si le crédit présente des risques particuliers compte tenu de votre situation financière, le prêteur ou l’intermédiaire doit vous mettre en garde, sans frais.
Ce qui change après la signature
Le délai de rétractation reste de quatorze jours calendaires, sans motif (art. L.312-19). Il court à compter de l’acceptation de l’offre ou, si elles arrivent plus tard, de la réception des conditions contractuelles et des informations obligatoires. Si vous n’avez reçu ni l’offre ni ces informations, il expire au plus tard douze mois et quatorze jours après la conclusion du contrat ; il n’expire pas si le prêteur ne vous a pas informé de votre droit de rétractation.
Quand un incident de paiement caractérisé est constaté, le prêteur doit vous orienter vers une structure de conseil aux personnes endettées, gratuite ou à coût limité.
Avant toute procédure d’exécution, il s’astreint à un délai raisonnable et vous propose, s’il y a lieu, des mesures de renégociation tenant compte de votre situation (art. L.312-35-1), par exemple :
- l’allongement de la durée du crédit ;
- le report de tout ou partie des remboursements pendant une période donnée ;
- une réduction du taux débiteur ;
- le réaménagement de l’échéancier, notamment des mensualités plus basses ;
- une remise de dette partielle, ou une dispense temporaire de remboursement.
| Offre émise avant le 20/11/2026 | Offre émise à partir du 20/11/2026 | |
|---|---|---|
| Montant couvert | De 200 € à 75 000 € | Jusqu’à 100 000 €, sans plancher |
| Crédits gratuits, « 3 ou 4 fois » | Largement hors champ | Dans le champ, régime allégé pour les crédits courts à frais négligeables |
| Rétractation | 14 jours | 14 jours, qui ne courent qu’à réception des informations obligatoires |
| Décision automatisée | — | Droit à une intervention humaine et à un réexamen |
| Difficultés de paiement | — | Délai raisonnable et mesures de renégociation avant toute exécution |
Synthèse des textes cités en bas de page ; elle ne remplace pas leur lecture.
Questions fréquentes
Réforme du 20 novembre 2026 : vos questions
J’ai reçu mon offre le 15 novembre et je l’accepte le 25 : quelles règles ?
Celles d’avant la réforme. Le décret d’application assimile les offres émises avant le 20 novembre 2026 à des contrats en cours, qui restent régis par les textes antérieurs. La date qui compte est celle d’émission de l’offre, pas celle de votre acceptation.
Le paiement en 4 fois devient-il un crédit ?
Les paiements fractionnés en 3 ou 4 fois, avec ou sans frais, entrent dans le champ de la réglementation du crédit à la consommation, avec des formalités allégées pour les crédits courts à frais négligeables. Regardez qui vous prête : le nom de l’organisme figure dans les conditions de l’offre.
Un algorithme peut-il refuser mon crédit ?
L’évaluation peut être automatisée, mais le prêteur doit alors vous informer de votre droit à une intervention humaine. Vous pouvez demander une explication de l’évaluation, exprimer votre point de vue et demander un réexamen.
Mon crédit renouvelable a été ouvert en 2024. Est-il concerné ?
En principe non : un contrat en cours au 20 novembre 2026 reste soumis aux règles antérieures. La DAJ signale toutefois des exceptions pour les contrats à durée indéterminée, comme le crédit renouvelable ou le découvert : votre établissement doit vous informer de ce qui s’applique.
Combien de temps pour me rétracter ?
Quatorze jours calendaires, sans avoir à vous justifier (art. L.312-19). Le délai court à compter de l’acceptation de l’offre, ou de la réception des informations contractuelles si elle est postérieure. Le délai est respecté si vous envoyez votre rétractation avant son expiration.
Que peut proposer le prêteur si je ne peux plus payer ?
L’article L.312-35-1 cite notamment le refinancement, l’allongement de la durée, le report d’échéances, la baisse du taux débiteur, des mensualités réduites, une remise de dette partielle ou une dispense temporaire de remboursement. Il doit respecter un délai raisonnable avant d’engager une procédure d’exécution.
Les textes
- Ordonnance n° 2025-880 du 3 septembre 2025 relative au crédit à la consommation
- Ordonnance n° 2025-1154 du 2 décembre 2025 relative au crédit à la consommation
- Décret n° 2026-105 du 19 février 2026 relatif au crédit à la consommation
- Décret n° 2026-643 du 21 juillet 2026 (offres émises avant le 20 novembre 2026 assimilées à des contrats en cours)
- Code de la consommation, art. L.312-1 (version du 20 novembre 2026 : crédits jusqu’à 100 000 €)
- Code de la consommation, art. L.312-19 (version du 20 novembre 2026 : rétractation)
- Code de la consommation, art. L.312-35-1 (version du 20 novembre 2026 : mesures de renégociation)
- Directive (UE) 2023/2225 du 18 octobre 2023 relative aux contrats de crédit aux consommateurs
- Direction des affaires juridiques (Bercy) : « La réforme du crédit à la consommation entre en vigueur le 20 novembre 2026 », 29/10/2026
- Service-public.fr : « Crédits à la consommation : les règles évoluent pour prévenir le surendettement », mis à jour le 27/10/2026
Textes consultés le 5 novembre 2026 sur Légifrance et sur les sites officiels cités. Cette page informe ; elle ne constitue pas un conseil juridique ou financier adapté à votre situation.
Relisez avant
de vous engager
Le rapport Lexispect lit votre offre de crédit, applique le régime de sa date d’émission et cite chaque clause défavorable mot pour mot.